Fanny Grangier et l'Oefshop

Paru dans Mamans October 2007

Fanny Grangier, 33 ans et maman d'un petit garçon, a un jour tout quitté pour créer son entreprise, Oefshop. Interview de cette dynamique maman entrepreneuse qui a eu l'audace de développer et commercialiser le vêtement pour femmes enceintes dont elle rêvait. 

Quel métier rêviez vous de faire enfant ?


J’ai toujours eu une attirance forte pour la vie d’artiste. J’ai longtemps rêvé être danseuse étoile, puis peintre, puis scénariste.

Quelles études avez vous faites ?


J’ai fait des Lettres modernes à Censier. J’ai adoré mes années Fac, j’étais une boulimique de travail. Je m’incrustais à tous les cours de cinéma, de socio et de communication.

Quel fut votre premier job ?


J’ai toujours travaillé pendant les vacances pour me faire de l’argent de poche. Je me souviens que vers 7-8 ans, je fabriquais des bracelets brésiliens et j’allais les vendre en faisant du porte-à-porte dans mon immeuble.

Votre parcours ensuite ?


Le premier virage important fut un stage au service documentaire chez Cinétévé. C’est la société de production Fabienne Servan Schreiber. Il y avait de tous petits budgets sur les films et il y avait mille choses à faire. J’ai adoré cumuler tous les postes, me sentir utile. J’ai évolué très vite. Je me suis spécialisée dans le développement et la production de programmes courts sponsorisés et de magazines. Puis, j’ai participé à une réflexion autour de l’évolution des médias en intégrant la filiale interactive de Christophe Dechavanne. J’adorais mon métier, j’étais très libre, mais une petite voix intérieure m’a soufflé qu’il était temps pour moi d’accomplir des projets plus personnels.

L'idée de « Oef » vous est venue quand ?


En fait, 3 ans plus tôt, pendant ma grossesse, j’ai constaté que l’offre de vêtements pour les femmes enceintes ne correspondait pas du tout à nos envies, et j’ai eu la vision d’une seconde peau qui nous permettrait de changer notre rapport à l’habillement pendant la grossesse. Cette idée à mûrie lentement et 3 ans après, elle a déclenché un raz de marée dans ma vie puisque j’ai tout quitté pour suivre mon instinct et créer Oef et le Mood Kit.

Pourquoi vous êtes vous lancée dans cette aventure ?


J’ai pris conscience que je devais choisir ma vie. J’avais l’intime conviction que si je ne le faisais pas maintenant, je le regretterais toute ma vie.  Cette sensation de prise en main de son destin est l’expérience la plus jouissive qui me soit arrivée dans ma carrière professionnelle.

Quels sont les obstacles que vous avez eu à franchir avant de lancer le projet ?

… (longue réflexion)… S’il y a eu des obstacles, alors je les ai tous rayés de la carte, c’est mon côté bulldozer. Le seul risque que je prenais était un risque financier, mais j’étais tellement sûre de moi que tout mon entourage m’a fait confiance.

Quelles ont été les avantages d'être une femme ?


Je crois que ça n’aurait rien changé. Ma qualité première c’est mon optimisme, cette capacité à croire qu’il y a un avenir meilleur que je peux construire. Je connais pleins d’hommes optimistes.


L’avantage d’être une femme réside dans l’admiration que les autres vous portent. On félicite plus une femme qu’un homme. Les gens ont tendance à penser que une femme qui réussit c’est merveilleux, et qu’un homme qui réussit c’est la moindre des choses. On devrait plus encourager les hommes.

Les inconvénients ?


On nous prête volontiers les défauts de légèreté et d’inconstance. On a tendance à nous infantiliser : Si ça l’amuse, c’est déjà bien, si elle n’y arrive pas, ce n’est pas très grave. Il y a certains moments clès où je sens bien qu’être une femme ne permet pas d’être prise vraiment au sérieux. Notamment lorsqu’il s’agit de demander de l’argent à son banquier.

Quelles ont été les réactions de vos proches ?


Mes proches me soutiennent et m’encouragent. Ils me font confiance.

La date de l'ouverture, vous vous en souvenez ?


C’est très récent donc je me souviens de tout. Ma première vente, mon premier rendez-vous aux Galeries Lafayette, puis au Bon Marché. Mon premier chèque encaissé. Ma première livraison. Et enfin le jour de la mise en ligne de la boutique http://www.oefshop.com

Qu'avez vous ressenti ?


A chaque fois, je me suis sentie soulagée, rassurée aussi. Comme si j’avais la preuve concrète et indiscutable que je n’étais pas folle, mais que mon idée correspondait à une véritable attente.

Qu'est ce qui vous passionne le plus dans votre activité ?


Apprendre vite !


Comment parvenez vous à concilier vie pro et vie privée ?


J’ai installé mon bureau à la maison, je suis donc beaucoup plus présente qu’avant. J’apprends également à réinventer mon rythme de travail, je suis beaucoup plus souple qu’avant, j’accorde beaucoup d’importance à ma famille car j’ai compris que c’est grâce à elle que je suis plus forte.



Quelle est la femme célèbre (ou pas) que vous admirez ?


Anita Roddick !!!  et ma mère.

Celle qui vous tape sur les nerfs ?

Hélène Ségara

Quelle serait votre première mesure si vous étiez présidente ?


Dans chaque immeuble, réquisition obligatoire de 1 à 2 appartements dédiés aux personnes en difficultés. Personne ne doit dormir dans la rue.

Quelle est votre devise ?


Celui qui ne veut pas faire les choses trouve une excuse, celui qui veut faire les choses trouve un moyen. (Proverbe arabe)

Appartenez vous à un réseau ?


J’appartient à l’immense communauté de blogueurs avec mon blog : http://www.anosenfants.fr

J’assiste régulièrement aux déjeuners de Networking de Chine Lanzmann et je participe régulièrement aux Apéros du jeudi, je viens d’intervenir sur une conférence sur L’accomplissement de soi et bientôt sur une spéciale « Evolution des médias ».

Quels conseils avez vous à donner aux entrepreneuses ?


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