Prix Apollinaire : le nouveau mécène est une femme hôtelière !
Le Prix Apollinaire, fondé en 1941 (qui fut présidé par Jean Cocteau) était décerné chaque année depuis 1975 chez Drouant qui en assurait le mécénat. Mais depuis la fermeture du restaurant en 2005, le "Goncourt de la poésie" n’avait plus ni lieu ni mécène !
Heureusement, une femme d’affaires "sensationnelle" a décidé de le reprendre cette année : Monique Pignet, Pdg de Sehr Paris Bercy, à la tête de l’Hôtel Claret Bercy et du Grand Hôtel des Gobelins.
Une femme « nouveau mécène » du prix Apollinaire, c’est chic ! Comment avez-vous été sollicitée ?
C’est une longue histoire ! Enseignante de formation, j’ai quitté le monde de l’Education en 1979 pour diriger les hôtels que mon mari et moi avions acquis. Quelques années plus tard, j’ai rencontré le poète Luis Mizon. Nous avons monté ensemble un projet baptisé "Paris dans le regard du voyageur" alliant l’hôtel parisien comme lieu de transit et la poésie comme source d’inspiration. Son principe : les clients étaient invités à laisser un poème dans une boîte posée sur la table de leur chambre. Les textes étaient lus ensuite par les personnels de l’hôtel – femmes de ménage, réceptionnistes, barmen… – et commentés avec Luis Mizon. Ce petit évènement au sein de l’hôtel a créé une ambiance et des échanges extraordinaires entre nos équipes et les clients, originaires de différents pays, milieux sociaux et culturels.
D’où l’envie de poursuivre cette magie ?
Oui, par la suite, j’ai proposé à l'association du Printemps des Poètes d’accueillir à l’Hôtel Claret le Lundi des Poètes, un programme de lectures mensuel suivi d’un "verre de l’amitié". L’hôtel est un ancien relais de poste qui se prête bien à cet esprit bohème et aux rencontres inattendues. C’est un lieu convivial où les artistes exposent leurs peintures partout, dans les salons, les chambres, les recoins ! Prise au jeu de la création, j’ai monté cet été une manifestation poétique aux Antilles, où le Groupe possède plusieurs hôtels. L’idée était d’organiser des rencontres entre les poètes des îles (Guadeloupe et Saint-Barthélémy) et trois poètes métropolitains : Jean-Michel Maulpoix, Luis Mizon et Virgile Novarina. Il s’agissait également d’associer la population locale à travers des animations variées : lectures croisées, expositions de peintures, concours de poésie, ateliers d’écriture pour enfants, banquet festif… Cette manifestation improvisée, sans soutien institutionnel sinon la passion et l’enthousiasme des habitants des îles, a été un succès, chacun participant à sa façon aux rencontres.
C’est cette "douce folie" qui a attiré l’attention ?
En effet, à mon retour à Paris, j’ai été contactée par Jean-Pierre Siméon, directeur du Printemps de la Poésie. Il était fasciné par l’ampleur qu’avait pris l’événement durant l'été, toute la joie et les partages procurés. Il m’a alors proposé de reprendre le mécénat du Prix Apollinaire, qui récompense depuis 66 ans un recueil de poésie pour son originalité et sa modernité. Passé la surprise qu’un Prix aussi prestigieux ait failli être abandonné (prouvant bien que la culture doit être protégée), j’ai accepté sans hésiter.
Vous allez le remettre pour la première fois en octobre prochain. Vous connaissant, vous devez être sur des chardons ardents…
Oui, l’Hôtel Claret est en ébullition. Nous avons reproduit le célèbre calligrame d’Apollinaire dans un salon du hall pour créer le "Salon Apollinaire". Et nous mijotons d’autres choses que vous découvrirez le moment venu ! La poésie est Surprise…
La poésie est Rêve aussi. Comment imaginez-vous le Prix dans quelques années ?
Je rêve de mettre en place un co-mécénat avec un domaine viticole et de créer une Cuvée Apollinaire. En bonne épicurienne, j’aime l’idée d’associer la poésie et le vin, deux univers d’émotions fertiles. J’ai également envie de proposer à des peintres d’illustrer les étiquettes de bouteille. Bref, de réunir à nouveau des sensibilités multiples autour d’un projet qui a une belle histoire et un présent-futur à inventer. Enfin, j’aimerais que le Prix soit à l’image de la poésie, non élitiste mais ouvert à tous, libre, subtil et vivant.
Nous lançons l’appel aux vignerons alors, poètes de nature...
Monique Pignet monique.pignet@wanadoo.fr
Secrétariat du Prix : Bernard Mazo (Tél. : 01 48 85 10 17)
Rédigé par admin le 27 Septembre, 2007 - 15:54








