Sciences-Po, l’ESCP, L’Oréal, Johnson&Johnson, Les Galeries Lafayettes, 1001 listes, c’était le parcours de Pauline de Breteuil, avant qu’elle ne lance, en sept 2006, Winaretta, un site de vente en ligne de bijoux fantaisie et d’accessoires haut de gamme.
Pauline a donc repris le prénom de sa tante, la princesse Winaretta Singer, fille de l’inventeur de la machine à coudre, artiste et mécène, notamment auprès de musiciens.
A 33 ans, cette maman de 3 garçons (2 ans, 5 ans et 7 ans) court après le temps pour concilier ses casquettes d’entrepreneure et de mère de famille.
Quel métier rêviez vous de faire enfant ?
Comédienne
Qu'est ce qui, dans vos études, vous a donné les clés pour réussir ?
1. la conscience de mes limites et mon ambition à démontrer que moi aussi, je pouvais accéder à de grandes écoles. Je vivais dans une famille de surdoués, et moi, je ne l'étais pas !
2. Des parents exigeants et entrepreneurs et une marraine, qui dirige aujourd'hui une grande entreprise : ils m'ont poussée en tout, sauf en sport.
Quelle a été la rencontre déterminante dans votre parcours professionnel ?
Mon supérieur chez L'Oréal, quand je démarrais ma carrière, il m'a fait confiance et donné de l'autonomie. Cela a tout changé.
Quelle est l'entreprise où vous avez adoré travailler ?
Johnson&Johnson, où j'étais chef de produit pour la marque Neutrogena. Je me suis sentie comme un poisson dans l'eau..jusqu'à l'arrivée de mon premier enfant.
L'idée de créer Winaretta vous est venue quand ?
Quand j'étais chez 1001 listes, je voulais voler de mes propres ailes et je cherchais activement un projet. Nous faisions des brainstorming tous les soirs avec mon mari. Je commençais à étudier différents projets qui mourraient car les "épines dorsales" n'y étaient pas : possibilité de démarrer sur fond propre, l'existence d'un marché en croissance et apport d'une vraie nouveauté sur ce marché, projet où j'ai un goût et une vraie expertise .
En regardant ma boite à bijoux pleine à craquer, j'ai eu le sentiment que je brûlais, nous avons rajouté "vente en ligne" et tout a démarré, moi enceinte jusqu'aux dents du troisième enfant, à faire mes enquêtes pour valider le concept sous la neige, devant les portes de Zara.
Pourquoi vous êtes vous lancée dans cette aventure ?
J'étais programmée... : mon père et mon frère ont leur société, pour moi , le mieux que je pouvais faire, n'était pas de devenir directrice d'affaire chez L'Oréal, mais de mon monter un business.
Quels sont les obstacles que vous avez eu à franchir avant de lancer ce projet ?
Recruter des grandes marques dans la bijouterie fantaisie : très très dur...quand on démarre de 0.
De quelles aides avez vous bénéficié ?.
Oséo Sofaris pour le financement d'une partie du projet et le CIC qui m'a prêté sans caution personnelle. Chapeau !
Quelles ont été les réactions de vos proches à l'annonce de votre projet ?
Mes proches m'ont soutenue à 100% et très concrètement, selon leur expertise. Mais j'ai refusé leur argent la première année. C’était trop risqué. Quand ils entreront au capital, c'est qu'investir dans Winaretta sera vraiment porteur, et nous n'en sommes pas loin...
"Dieu seul suffit": ma grand mère et ma soeur m'ont quand même rappelé au vrai grand enjeu de la vie.
Les premiers clients de Winaretta, vous vous en souvenez ? Comment les avez vous décrochés ?
Les premiers clients ont été des proches, mais la première "vraie cliente", celle qui atteste, que oui, on est une vraie entreprise qui répond à un besoin, est venu via les mots clés de google où j'investis chaque mois.
Winaretta en 3 chiffres ?
- n°1 sur le bijoux fantaisie de marques
- 35 marques
- 98% de personnes satisfaites qui recommanderait sur Winaretta.( source Fianet)
Quel est le produit le plus demandé ?
Pomme d'amour des Néréïdes
Quel est votre produit coup de coeur ?
Le sautoir "solfège" d'Onaya, qui est une marque créateur discrète et encore confidentielle, dont j'adore l'esprit joaillerie et la pureté des lignes. Le créateur est très doué et super modeste. J'ai envie de contribuer à faire grandir sa marque.
Qui sont vos clientes ?
Des femmes entre 20 et 60 ans, plutôt CSP + et habitant des moyenne ville de province.
Qu'est ce qui est le plus contraignant dans votre activité ? Comment le gérez vous ?
Le manque de temps. Je le gère en courant comme toutes les femmes et avec des feuilles "A Faire" préparées dans mon lit la veille pour le lendemain. Pas de déjeuner, sauf professionnels.
Quels sont les témoignages qui vous ont le plus encouragée ?
Le très faible taux de retour (3%), le réachat et la grand fidélité des clientes.
Des témoignages de clientes contentes, des femmes qui nous envoient des mails et d'autres qui préfèrent nous appeler pour commander au téléphone. Nous aimons bien les connaitre et avoir des discussions avec elles, car la vente en ligne, quoiqu'on dise ne permet pas de créer de lien aussi fort avec son client qu'en boutique.
J'ai adoré quelques clientes qui m'ont dit en substance : « merci, super expérience de vente en ligne. J'étais un peu échaudée par tel ou tel sites qui a mis 2 mois à livrer au lance pierre, chez vous c'est arrivé le lendemain avec un packaging impeccable, vos produits sont encore plus jolis en vrais qu'en photo » .
Quels sont vos objectifs pour 2008 ?
Lever des fonds, asseoir notre position de leader. Mais nous avons atteint le point mort, ce qui veut dire que nous ne levrons pas à n'importe quelles conditions.
A quoi ressemblent vos journées ?
Très chargées, comme toutes les femmes.
Lever : 7.15, coucher : 1 heure du matin
Vous voulez plus de détails ?
Combien d'heures par semaine travaillez-vous ?
60 heures.
Comment parvenez vous à concilier vie pro et vie de famille ?
Mes locaux sont tout près de chez moi. Je concentre tout mon temps libre aux enfants. Je sors peu, toutes les minutes sont comptées.
Comment vos proches perçoivent ils votre emploi du temps d'entrepreneuse ?
Mon ami l'accepte mais il faut que je me débrouille pour prendre des vacances en même temps que lui, même si je reste connectée au bureau et j'ai une plus grosse charge des enfants que lui.
Quelle est la femme célèbre (ou pas) que vous admirez ?
Simone de Beauvoir. Une révélation à 15 ans.
Celle qui vous tape sur les nerfs ?
Euh...en fait, La Belle au Bois dormant. Je sais, c'est méchant, mais le symbole de la fille passive qui attend le Prince, je trouve cela destructeur, dans l'éducation des petites filles.
Quelle serait votre première mesure si vous étiez présidente ?
Rétablir une justice globale sur les régimes de retraites (mais pas simplement les régimes des cheminots, il y en a d'autres. Les passes droits et les privilèges spécifiques sont légions) , sans concession financières qui vident la réforme de son contenu de son volet réduction des déficits sociaux. Depuis que j'ai vécu en Asie et aux Etats-Unis, je rêve d'un pays plus travailleur et courageux, et soucieux de l'avenir de ses enfants..
Quelle est votre devise ?
Hum, c'est une certaine vison de la vie un peu guerrière, je le conçois ...: "La vie est un combat", cela vient de mon père et en ce moment, c'est au goût du jour.
Appartenez vous à des réseaux/associations, féminins ou pas ?
J'appartenais à Paris Pionnières et à un cercle d'entrepreneurs. Mais franchement, je n'ai pas trop le temps;
Quels bénéfices en retirez vous ?
Faibles mais c'est parce que je m'y investis peu.
Auriez vous une demande à faire aux lectrices d'Interdit aux Hommes ?
Très basiquement : Aller voir mon site et m'envoyer leur retour : J'aime/j'aime pas.
Rédigé par admin le 20 Janvier, 2008 - 01:25







