A 62 ans, Sophie de Menthon a tout fait ou presque. Entrepreneuse à l’âge de 26 ans, PDG de nombreuses sociétés, ex membre du comité éthique du Medef, membre du conseil économique et social, co-fondatrice du Club de dirigeantes Féminin Pluriel, auteure, directrice de collection à Gallimard, chroniqueuse sur BFM et grande gueule sur RMC, ... Nous sommes allées à la rencontre d’une business woman pour qui la liberté d’agir et de penser est une priorité pour s’affirmer et s’épanouir dans le monde de l’entrepreneuriat.
>Vous avez passé une partie de votre enfance aux Etats-Unis, comment avez-vous vécu cette expérience ?
Je pense que cela m’a rendue différente. Je buvais du coca cola (d’ailleurs il n’est arrivé en France que lorsque que je suis rentrée), je promenais des chiens pour me faire de l’argent de poche, je mangeais des french fries dans le bar d’à côté à 9 ans... C’était un monde à conquérir , de libertés, et je crois que cela marque quand on est enfant.
>Lorsque vous avez débuté dans la vie active, souhaitiez-vous rentrer dans un grand groupe ?
Je suis une indépendante forcenée et je suis fille unique. Vous savez, si 55% des créateurs d’entreprise sont des enfants uniques, c’est certainement parce que lorsqu’on naît ainsi, on ne comprend pas pourquoi on devrait tout partager avec tout le monde alors que l’on nous apprend que l’on est unique. En plus de cela, je n’aimais pas l’école, j’étais mauvaise élève et je voyais l’entreprise comme une sorte d’école. Mais ma passion, c’était de joueur à la marchande, je vendais toutes sortes de choses, j’adorais ça. Paradoxalement, mon premier job n’avait rien à voir. Après avoir obtenu une licence d’anglais, j’ai été prof à Nantes pendant un an, en remplacement. Cela m’a paru terrifiant, et même si cela reste une expérience intéressante, il était inenvisageable pour moi que je poursuive dans cette voie. Si j’avais eu le choix, j’aurais peut-être été journaliste. Mais j’avais rencontré quelqu’un de l’Express qui m’avait dit que ce n’était pas fait pour moi. De toute façon, à 20 ans , ma priorité absolue c’était de me marier et d’avoir des enfants. J’en ai eu deux. Puis, lorsque j’ai commencé à rechercher du travail, j’ai répondu à des petites annonces qui me proposaient des enquêtes de porte à porte. J’ai alors eu l’idée de proposer de les faire par téléphone. Et, tout est parti de là. Au bout d’un an, et à l’âge de 26 ans, je montais ma boîte de télémarketing, ce qui n’existait pas à ce moment là en France. Il est vrai que j’ai eu beaucoup de chance. Et je pense que c’est une chance inouïe pour les femmes de monter leur propre entreprise, cela leur permet de mener leur vie en toute liberté. A condition d’avoir le caractère pour !
Retrouvez l'intégralité de l'interview de Sophie de Menthon dans L/ONTOP n°10.
Rédigé par Interdit aux Hommes le 8 Avril, 2010 - 17:53







