Françoise Gri, présidente d'IBM pendant 7 ans, présidente de Manpower France depuis 2007, est à la tête de 4900 collaborateurs et confie à L/ONTOP, sa vision de la réussite au féminin.
Vos parents étaient enseignants ?
Oui. Mais j'ai été élevée par ma mère car mon père est décédé quand j'étais très jeune. Vous avez fait l'ENSIMAG.
Ingénieure, c'était pour la rassurer ou par vocation ?
Vocation est un bien grand mot. Je n'avais qu'une vision très limitée de ce que je voulais faire. Je pense que c'est également le cas des nouvelles générations. J'étais bonne en maths, j'aimais bien les sciences donc je suis entrée dans des structures classiques.
Vous aviez un modèle familial ?
Non, je n'avais pas de modèle, tout comme j'ai évolué dans ma carrière sans mentor. J'ai passé mon bac en 1975. C'était les débuts de l'âge d'or de l'informatique.
Prépa scientifique en 1976, vous deviez être la seule fille en classe, non ?
On devait être 10-15% d'inconscientes à l'époque, et cela n'a pas beaucoup bougé depuis ! On a même plutôt régressé. J'en parlais récemment avec le directeur de mon école, l'ENSIMAG. Ils ont moins de jeunes femmes aujourd'hui qu'il n'y en avait à mon époque. Y compris pour les matières scientifiques comme l'informatique, pourtant plus accessible que la mécanique des fluides.On ne parvient pas à faire progresser l'appétence des filles sur ces filières.
Comment l'explique-t-il ?
Je ne pense pas que l'on ait un diagnostic complètement clair sur le Pourquoi ? Chez Centrale, c'est la même chose.
Les filles sont bonnes en maths pourtant. Mais parmi celles qui font des bacs scientifiques, beaucoup préfèrent aller en médecine briguant un statut d'indépendant, leur permettant d'être libres et d'organiser leur vie avec plus de souplesse que dans une carrière classique à l'intérieur de l'entreprise.
Les autres sont déroutées par la façon dont sont enseignées certaines matières scientifiques, en particulier la physique, la chimie, les matières techniques.
On leur enseigne ces matières comme si elles avaient fait des mécanos toute leur enfance, comme les garçons et on impose leur enseignement dans des filières où elles sont inutiles. Quelle nécessité par exemple de faire de la physique quand on veut poursuivre des études en informatiques ?!
Retrouvez la suite de cet article dans L/ONTOP n°4.
Rédigé par Interdit aux Hommes le 5 Février, 2010 - 14:48







