Chine Lanzmann, la quarantaine resplendissante, coach spécialisée en leadership féminin, a un parcours bien rempli : ancienne journaliste, productrice et animatrice (Canal +), entrepreneuse (newsfam.com), conférencière (ESSEC, Ecole Centrale de Paris,...), elle est aussi auteure de 4 romans et 2 livres de business.
Mariée à Laurent Edel, coach également, et avec qui elle a fondé GoodFutur, maman de 2 jeunes enfants (futurs coachs ?), Chine semble avoir trouvé cet équilibre qu'elle enseigne entre vie professionnelle et vie privée.
Quel métier rêviez vous de faire enfant ?
Maîtresse d'école, puis Présidente de la République, puis Rock Star...
Qu'est ce qui vous a été le plus utile dans vos études pour réussir aujourd'hui ?
Je suis autodidacte. J'apprends par imprégnation avec un "maître" ou bien en faisant par moi-même.
J'ai toujours fais de nouveaux métiers où il n'y avait pas encore de diplômes officiels, comme internet, la télé, le coaching aujourd'hui... J'ai un Bac C, j'ai travaillé juste après et à 22 ans, j'ai étudié un an à Los Angeles, dans l'école de TV et Cinéma de USC : là, oui, j'ai appris l'anglais et ça me sert aujourd'hui dans mon métier. Sinon, j'ai plutôt été bloquée par les professeurs en France.
Quel fut votre premier job ?
A 18 ans, grâce aux droits d'auteurs de mon premier roman, "L'Année Câline", j'ai acheté un ordinateur en 1984, un Macintosh et j'ai découvert internet (qui s'appelait télématique à l'époque). Cette forme de communication entre les personnes m' a passionnée et j'ai été recrutée comme "animatrice de cité virtuelle".
Je m'occupais des utilisateurs de Macintosh et passais des heures en ligne à chatter, envoyer des mails, écrire dans les forums, faire des newsletters...
Quel est l'entreprise où vous avez adoré travailler ? Pourquoi ?
A Canal +, où j'ai passé 9 ans dans les années 90.
C'était la grande époque de Canal : énergie, créativité, originalité, développement, exigence, ambition. Et les moyens pour y arriver.
J'ai démarré avec Jérôme Bonaldi qui présentait les nouveautés tous les soirs dans l'émission Nulle Part Ailleurs, animée par Philippe Gildas.
Qu'est-ce que j'ai appris ! Le marketing, la pub, le design, le high-tech, la recherche...
J'ai continué dans un nouveau département, les "Nouveaux Programmes" dirigés par Alain Le Diberder, où nous avons créé les premiers jeux vidéo de Canal, un Paris virtuel en 3D, la première TV low cost, Game One, le premier site internet de la chaîne.
Pendant 4 ans, j'ai produit et animé CyberCulture, un magazine culturel sur "comment le numérique change le monde" et nous parcourions le monde, de la Silicon Valley au Japon, à la Russie, à l'Afrique...
Je remercie Alain de Greef, le directeur des programmes de Canal : en 1994, le premier pilote de CyberCulture était vraiment nul. J'étais désespérée. Il nous a pourtant donné un nouveau budget pour un nouveau pilote. ..qui a été fantastique. Je pense que le succès de Canal, c'était ça : se donner la permission de se planter pour apprendre de nos erreurs et réussir ensuite.
L'idée de vous installer comme coach/formatrice vous est venue quand ?
D'un plantage aussi !
J'ai quitté Canal en 1999 pour créer une start- up internet, un magazine féminin en ligne, newsfam.com. Nous avions levée 3 millions d'euros auprès d'un fond d'investissement. Un an et demi plus tard, je me retrouve sans rien. Planting.
Ce que j'ai appris : tout ce qu'il ne faut pas faire en créant sa société. Je venais de rencontrer Laurent Edel, mon mari, et notre premier enfant est né. Nous sommes partis 7mois pour un tour du monde à la recherche d'énergie, de nouvelles idées.
En Californie, je rencontre Claudia L'Amoreaux, ma première coach. Je vais la voir pour remonter la pente. Elle me fait découvrir la Communication Créatrice de Valeur de Marshall Rosenberg. Je me plonge aussi dans les networks féminins qui explosent aux USA début 2000.
Le coaching m'a redonné confiance en moi, m'a mise en contact avec mes besoins fondamentaux et m'apporte la vision de la vie que j'ai envie de vivre. Et m'accompagne sur le chemin . C'est devenu un style de vie. Plus je fais ce qui me fait plaisir, plus je réussis. En découvrant les bienfaits du coaching, je me suis formée en rentrant en France. Dès que j'étais prête, j'ai démarré mon activité de coach.
Je continue toujours à me former, entre 20 et 30 jours par an. Pour avancer et pour donner toujours le meilleur à mes clients.
Pourquoi proposer des formations spécifiques pour les femmes ?
Ca a du sens pour moi d'aider les femmes à réussir. Mes clientes ont des problèmes dont les hommes ne se rendent même pas compte.
Beaucoup de femmes sont dans la croyance qu'il faut faire plaisir aux autres et s'oublier. Rester la gentille petite fille, qui se tait et attend la reconnaissance d'un patron. D'autres n'osent pas demander. Ou bien elles ne savent pas dire non. Ou encore prennent très mal les critiques et dépriment au moindre reproche.
Dans mes formations, on apprend comment se mettre en valeur, comment se centrer sur ses besoins, comment dire non, comment demander, tout en respectant les autres. Et comment ne pas prendre les critiques contre soi.
Il y a des entreprises - surtout américaines - qui proposent des programmes pour booster la carrière des femmes en interne, avec qui je travaille. Notamment dans la haute finance et le consulting.
Je pense que c'est plus difficile de réussir quand on est une femme, encore aujourd'hui, même si on a fait d'énormes progrès depuis un siècle. Mes deux grands-mères ont du abandonner leurs études au profit de leurs frères aînés. L'une d'elle n'a même jamais travaillé de sa vie et en était super frustrée. Peut-être que je veux les honorer en aidant les femmes à réussir.
Il y a une grande injustice : les femmes aussi ont le droit de s'éclater dans leur travail, d'aimer négocier, gagner des contrat, se battre, de gagner plein d'argent... dommage que ce soit encore des valeurs masculines... et les hommes ont aussi le droit d'aimer faire la cuisine, décorer la maison, faire des câlins à leurs enfants...
Etre maman en entreprise, c'est pas facile. Il y a des problèmes aussi bien pour les femmes que leurs managers. J'ai trop de clientes qui souffrent de faire un enfant en travaillant et qui aimeraient être mieux accueillies à leur retour.
Quand il y a principalement des femmes (car les hommes sont les bienvenus dans mes formations), il y a cette liberté de réussir, ce soutien inconditionnel et une confiance naturelle qui apparaît. C'est magique, ça fait un déclic et l'effet est pérenne.
C'est la double contrainte des femmes dirigeantes : si elles font comme on leur a appris enfant, elles sont trop gentilles et ne sont pas respectées et si elles font comme les hommes, on dit qu'elles sont agressives, trop ambitieuses, trop séductrices... Le challenge :
être soi-même. La méthode que j'utilise sert à trouver son style, juste, pour réussir.
Quelles sont vos formations phares ?
- "Leadership Féminin" pour les femmes qui veulent développer leur confiance en elles et s'affirmer plus facilement. C'est la méthode de Communication Créatrice de Valeur, adaptée aux femmes dans le milieu professionnel.
- "L'argent/se vendre", pour être à l'aise avec l'argent et les relations commerciales. Un sujet vieux comme le monde et pourtant, les formations sur l'argent sont très rares. Je suis formée aux méthodes de Peter Keonig et de Sandy Foster.
- "Visibilité" pour les entrepreneuses, les coachs et consultantes pour apprendre à se faire connaître sur internet et dans les réseaux
- "Prise de parole en public" pour les managers stressées par les présentations. Les femmes sont encore plus stressées par le regard des autres. Elles apprennent à s'en détacher pour retrouver leur confiance.
- "Congé Maternité" pour apprendre à gérer le départ, l'absence et le retour.
- "Time Management" pour trouver son équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle.
Vos premières formations femmes vous vous en souvenez ? Qu'avez vous ressenti ?
C'était fantastique. C'était lors d'un atelier pour HEC au féminin que j'animais sur le thème "se mettre en valeur". Il y avait 25 femmes qui avaient fait HEC, entre 25 et 60 ans - et une liste d'attente de 2à autres. J'étais sidérée de voir que ces femmes avaient des problèmes de communication, de carrière, de positionnement, de confiance en elles, d'assertivité, de leadership.
Elles ont adoré la méthode et les outils que je leur ai proposés : la Communication Créatrice de Valeur, le Rendez-Vous avec moi-même, le Flash News... Ca a été un déclencheur pour démarrer des formations pour les femmes. J'ai ensuite animé des ateliers pour Sciences-Po Féminin, Polytechnique Féminin... et j'ai lancé mes formations de 2 jours, puis de 6 jours qui rencontrent beaucoup de succès.
En entreprise, j'anime des programmes pour les femmes, d'abord en groupe de 8-10 personnes, puis en coaching individuel sur un an environ. C'est efficace et concret. Les DRH apprécient ce genre de programmes. Ils sont assez uniques.
Quels sont les premiers témoignages positifs que vous avez reçus ?
Véronique Julienne, d'HEC féminin qui m'a convaincue qu'il y avait une forte demande et que j'étais bonne pour les aider.
Ma coach américaine, Claudia L'Amoreaux, pour qui les réseaux sont très importants : appartenance, soutien, coopération...
Patricia Salgon et Saleem Ebrahim, formateurs en Communication Créatrice de Valeur et Catherine Henry Plessier et Isabelle Constant, coachs, qui m'encouragent, me supervisent et me soutiennent.
Céline Méchain et Isabelle Simon, de Goldman Sachs Paris avec leur vision constructives sur les femmes dans la haute finance.
Et toutes mes clientes qui continuent à défricher la voie malgré leur congé maternité, leur plafond de verre, leur "sticky floor" (plancher gluant) et me font le cadeau tous les jours de m'apprendre mon métier de coach.
Quel est le profil de vos clientes ?
- Les business women, femmes de pouvoir, dans la finance, le conseil, le luxe, les médias, l'industrie. Elles ont besoin d'aide pour réussir leur carrière, trouver un équilibre vie privée/vie professionnelle, gérer leur congé maternité, arriver dans un nouveau poste, se sortir des conflits en interne, gagner plus d'argent, trouver leur propre style de management, grimper les échelons...
- Les entrepreneuses et les indépendantes (consultantes, coachs), qui lancent leur projet ou pilotent leur entreprise depuis quelques années. Elles cherchent à prendre du recul pour développer leur vision, ont besoin de soutien, de confiance, d'estime, de reconnaissance et veulent se rendre visibles et se mettre en valeur..
Nous travaillons sur leur tableau de bord et sur leur rapport à l'argent, à la réussite, au succès.
Je travaille avec des particuliers - qui viennent me voir sans passer par leur entreprise - et avec des entreprises, soit au cas par cas, soit pour animer des programmes de Leadership Féminin en interne, programmes très innovants encore aujourd'hui avec des entreprises pionnières, le plus souvent américaines, dans la finance et le consulting.
Good Futur en 3 chiffres ?
GoodFutur, plus de 300 clients de coaching, plus de 50 entreprises coachées, 7 formations pour aider les femmes à réussir.
Qu'est ce qui vous passionne le plus dans votre activité ?
Aider les femmes à réussir. Apprendre et transmettre. Me former et former. Offrir un autre angle de vue. Analyser les situations et en sortir. Quand la personne que je coache "shifte", quand elle comprend quelque chose d'important, quand ça se débloque, quand elle est soulagée. Créer, construire mon métier.
A quoi ressemblent vos journées ?
Les rendez-vous coaching s'enchaînent. Je reste vigilante à garder le pouvoir sur mon agenda et je me planifie des journées sans rendez- vous, pour travailler sur le fond et pour me former. J'aime travailler une journée entière le week-end. J'ai la chance d'avoir un mari qui est pour l'équité dans le couple et qui s'occupe des enfants autant que moi. Une bonne stratégie pour être deux à réussir professionnellement.
Il m'arrive de travailler pendant les vacances quelques heures par jour : je prop
Rédigé par Interdit aux Hommes le 17 Décembre, 2007 - 01:33








