Cette crise est une affaire d'hommes. Banquiers en faillite, traders indélicats, régulateurs permissifs, arnaqueurs à la Ponzi, financiers aux bonus astronomiques sont tous de sexe masculin. Bien sûr, il serait tentant de voir là le simple reflet d'une société financière où le costume-cravate devient la norme à l'approche des cercles du pouvoir. Mais il est aussi possible d'aller un peu plus loin. Car les deux causes fondamentales du krach, une prise de risque excessive et une obsession du court terme, sont deux traits typiquement masculins, inscrits dans les gènes et les hormones. En Islande, le pays jusqu'à présent le plus ravagé par l'explosion de la bulle financière, des femmes ont d'ailleurs été choisies pour succéder à des hommes à la tête de Landisbank et Glitnir, les deux banques nationalisées pour cause d'excès délirants, avec le mandat explicite de changer la culture maison. Si la finance est mal, c'est peut-être qu'elle est trop mâle.
D'abord, les banquiers ont pris trop de risques. Or les femmes et les hommes ont une attitude très différente face au risque. Les premières sont plus facilement prudentes, les seconds plus facilement inconscients. Il n'y a aucune femme au palmarès du championnat mondial de poker. Les psychologues à la petite semaine affirment que cette différence a été ancrée en nous depuis l'époque des cavernes, quand l'homme sautait de liane en liane pour chasser pendant que la femme gardait les petits dans la grotte. C'est peut-être vrai mais impossible à vérifier.
Les biologistes, eux, ont travaillé sur une grandeur mesurable : la testostérone. Cette hormone est 50 fois plus abondante chez l'homme que chez la femme. Elle joue un rôle dans l'agressivité des individus. Et dans la prise de risque, y compris financier, comme le montrent de récents travaux. Deux chercheurs de l'université britannique de Cambridge ont comparé chaque jour le taux de testostérone d'une vingtaine de traders et leurs performances (1). Leur conclusion est limpide : plus le trader a de testostérone, plus il gagne d'argent - ce qui signifie qu'il a pris davantage de risques.
Ces dernières années, les banquiers ont accumulé les risques, d'autant que la mécanique des rémunérations les y incitait - et qu'ils croyaient s'en débarrasser avec la technique de la titrisation. Sur son blog tenu sur le site www.women-omics.com, la consultante Avivah Wittenberg-Cox parle d'une « crise de la testostérone ». Dans une interview publiée sur le même site, une analyste financière basée à Londres, Anna Cecilie Holst, déclare non sans humour : « Je ne pense pas que Lehman Sisters aurait pris les mêmes risques que Lehman Brothers. »
Lire l’intégralité de l’article de Jean-Marc Vittori sur LesEchos.fr
Rédigé par admin le 22 Novembre, 2009 - 15:16








