A 22 ans, Galatée Faivre, issue d’un famille de vignerons de Bourgogne, dirigeait 130 ha de vigne en agriculture biologique dans le sud de la France.
A 26 ans, elle était directrice commerciale monde d’une grande maison de Bourgogne et voyageait énormément pour vendre les vins français aux 4 coins de la terre.
En 2002, à 30 ans, Galatée créait I.D Vin, une société d’aide à la commercialisation dédiée aux vins et au savoir faire vigneron français dit « de l’ancien monde », pour les accompagner dans une communication moderne qui respecte leur identité.
En 2005, elle remportait le trophée Femivin de la meilleure idée innovante
Interview de cette maman d’un bébé de 7 mois, aujourd’hui auteure d’un livre gouleyant à souhait : Divine Ivresse.
Quel métier rêviez vous de faire enfant ?
En regardant le mariage de Diana, j'avais choisie " princesse ou reine d'Angleterre", puis quand on m'a dit que c'était pas une bonne idée. J'ai fermement annoncé "femme d'affaire".
Qu'est ce qui, dans vos études, vous a donné les clés pour réussir ?
Un professeur d'économie alors que je redoublais ma seconde m'a permis de reconfirmer ce choix, puis une école de commerce, une spécialisation en marketing et de nombreux stages à l'étranger (en Asie en particulier) m'ont permis d'affirmer mon sens du commerce et de l'organisation et du marketing
Quelle a été la rencontre déterminante dans votre parcours professionnel ?
Un "Coach" qui montait son affaire dans la même pépinière d'entreprise que moi et qui a ensuite crée la méthode TERET (une méthode de programmation mentale pour fractionner, puis atteindre un objectif)
Quelle est l'entreprise où vous avez adoré travailler ?
La mienne, I.D VIN, car mon énergie y est utilisée pleinement
Etre femme dans l'univers viticole, un atout ou un inconvénient ?
Les deux, cela demande d'être deux fois plus professionnelle qu'un homme et il est parfois nécessaire de "parler plus fort" pour se faire entendre face à certains. Quand cela se passe bien, il est très agréable et utile d' amener un peu de féminin dans cet univers masculin. En marketing, pour analyser la néo-consommation de vin, les attentes des femmes en matières de vin, c'est un grand atout.
Qu'est ce qui vous a donné envie de créer I.D Vin ?
Je ne me voyais plus salariée et il y avait un gros besoin de service marketing externe dans le monde du vin français. Puis mon grand père à écrit : "Tout homme qui ne fait pas bénéficier l'humanité de son talent est un voleur". Je pense être douée en marketing du vin.
Je pense aussi qu'il est très difficile de s' épanouir en tant que cadre dans une entreprise aujourd'hui, surtout en marketing dans le domaine du vin. Assurer un service marketing en externe pour plusieurs sociétés permet un meilleure gestion de la pression, et de mieux atteindre les objectifs. J'aime l'efficacité et l'harmonie, deux valeurs que m'apportent I.D VIN au quotidien.
Quelles ont été les réactions des professionnels à l'annonce de votre projet ?
Bonne, nous avons signé de gros contrats des les premières semaines, car le projet était bien préparé et que mon milieu professionnel connaissait mon travail.
Entre l'idée et la création de votre entreprise, il s'est écoulé combien de temps ?
5 mois entre l'idée et une première facturation via une pépinière d' entreprise. Je suis restée presque 18 mois en pépinière, ce qui a été très utile, car entre temps mon père est décédé et j'ai du gérer beaucoup de choses en plus de mon chagrin.
Quels sont les obstacles que vous avez eu à franchir ?
Les difficultés administratives, les réponses contradictoires à mes questions administratives, le manque d' aides d' encouragements (ANPE, Assedic) en dehors de la pépinière, et aussi un projet d' association qui a capoté dans les premiers mois (avec le recul : heureusement).
Je pense qu'il est très important d' encourager la création de pépinière et de pouponnière d'entreprises dans toute la France (aussi dans les villes de taille moyenne)
De quelles aides avez vous bénéficié ?
La pépinière CREA-LEAD de Montpellier et son équipe ont été formidable. Une partie de mes collaborateurs et amis en est issue.
Les premiers clients d'I.D Vin, vous vous en souvenez ? Comment les avez vous décrochés ?
Ces premiers clients ont été déterminant. Je les ai convaincu en RDV spontanés, tout en étant très intimidée au début. Puis ça s'est fait par bouche à oreille.
Quels sont les témoignages clients qui vous ont le plus encouragée ?
Les référencements de leur vins, l'augmentation de leurs ventes. J'adore quand il m'appelle juste pour me dire j'ai reçu une commande de XXXXX bouteilles, caisses :)))
Je suis toujours très émue aussi, quand je vois en magasin un vin que j'ai contribué à créer des années auparavant. La dernière fois c'était à Shanghaï.
Une fois un gros acheteur allemand à commenté sur un salon : "Merci Galatée, je comprends enfin l'offre de X" !
I.D VIN en 3 chiffres ?
5 - ans, l' âge d'I.D VIN (déjà)
6 - membres de l'équipe qui donnent chaque jour le meilleur d'eux même et à qui I.D VIN rend le maximum
10 - Le nombres de bureaux régionaux que je souhaite ouvrir dans les prochaines années
Quels sont vos objectifs pour 2008 ?
Ouvrir un premier bureau régional : I.D VIN LOIRE
Et écrire un second livre en commande : "Le marketing identitaire du vin"
Qu'est ce qui est le plus contraignant dans votre activité ? Comment le gérez vous ?
Etre loin de mon bébé (qui a 7 mois), je dois gérer de nombreux déplacements, alors que l'allaitement est encore important pour sa santé (L'OMS et mon pédiatre recommande d'allaiter jusqu'à 1 ans).
En tant que chef d'entreprise, je n'ai pas vraiment eu de congés maternité, ni allaitement, tout gérer me demande de gros efforts.
Comment conciliez vous vie professionnelle et vie privée ?
C'est un équilibre à trouver au quotidien, en fait je m'améliore chaque jour et pour mieux gérer mon temps, je planifie beaucoup.
Pour me donner une note de sur 20, j'ai tout juste 14/20 pour l'instant et je vise rapidement le 18/20.
J' utilise un planning de travail ou le temps nécessaire à chaque tâche est noté à l' avance. Et puis j' apprends à mieux déléguer chaque jour.
Je cherche à être concentrée sur chaque dossier, en me protégeant des interruptions. Puis, je regroupe les RDVs, le coup de téléphone, les e-mails.
Comment se déroulent vos journées ?
Je démarre à 8H00 pour finir à 19H00. Avant bébé, je finissais souvent à 21H00 et je me rends compte que je devais flâner un peu quelquefois devant l'ordinateur.
Mes journées sont très concentrées. J' arrive à rentrer déjeuner rapidement, ce qui me permet de voir bébé qui est gardé à la maison. Quand je suis en déplacements, les horaires sont parfois rudes, avec des levers à 5H00 pour être opérationnelle chez le client à 9H00 et retour vers 21H00 ou 22H00.
Combien d'heures par semaine travaillez vous ?
Entre 40 et 50 H
Comment vos proches perçoivent ils votre emploi du temps ?
Mes proches sont compréhensifs, même si ils perçoivent plus le succès que les efforts nécessaires pour y arriver.
Même si je suis douée dans ce que je fait ça reste un gros travail.
L'idée d 'écrire un livre sur le vin vous est venue quand ?
Sur un salon professionnel (VINEXPO 2005), je bouillais intérieurement, j'avais des messages à faire passer. Mon associée m'a convaincue : "écris-le ".
Je voulais dire que la logique de risque zéro est une aliénation, c' est le contraire de la vie : si l'on doit noter "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé" sur le vin, pourquoi ne pas noter "l'abus de sucre, l'abus de beurre frit...est aussi très dangereux pour la santé". L'abus de tout est dangereux et surtout sur les bulletins de vote serait-il utile de noter :"L'abus de pouvoir nuit gravement à la santé des finances publiques" ? Infantiliser les français, les priver de leur libre arbitre crée une forme de dépendance mentale aux contours floues. Créer des peurs irrationnelles, mal informer le grand public sur la consommation de vin est l' oeuvre de "dealers de peurs" qui y trouvent certainement leur intérêt.
Oui, boire 2 à 4 verres de vins par jour selon sa constitution est bon pour la santé (Etude Nancy réalisée sur 15 ans et sur 35 000 hommes). Boire du vin au quotidien permet de mieux s' alimenter, de prendre le temps de cuisiner, de vivre un repas convivial, de se détendre, c'est une culture vivante à soutenir, à re-découvrir.
Pourquoi vous êtes vous lancée dans cette aventure ?
A mon sens, il manque en France des outils culturels sur le vin, dans le registre du film "Sideways". Je râlais sur le fait qu'il y a trop de guides qui disent "moi je sais et je vous recommande de choisir le vin que moi j'aime" et pas assez d' approches ludiques valorisant la liberté de choix, de goût individuel. Cette liberté est pourtant au coeur de la découverte véritable de l'univers du vin. En écrivant DIVINE IVRESSE j'ai essayé d'offrir au grand public, un petit livre sympathique pour re-découvrir le vin sous ce nouveau jour, en se dé-complexant, en dehors des discours entendus et pré-prohibitionnistes.
Le vin au féminin : concept marketing ou réalité incontournable ?
J' ai pris l' habitude d' appeler un "chat" un "chat". Si je veux aider la vente, c'est du "marketing". Dans le domaine du vin pour être efficace, je travaille en marketing dans le respect du producteur et du consommateur = pas de mensonge possible. L' aspect péjoratif du mot marketing aujourd'hui est lié à des abus, à de trop nombreux mensonges qui coupent à force le produit du marché.
Travailler en marketing identitaire, permet de re-connecter la source, la production à son marché dédié.
Quand un vigneron, ou un négociant à une identité vigneronne en phase avec les attentes d'une catégorie de marché féminine, nous les aidons à concrétiser leur offre dans ce sens.
C'est donc une réalité qui doit se traduire selon les cas en véritable démarche marketing.
Bien sur, il ne s'agit pas de mettre du rose sur l'étiquette, mais de comprendre les besoins, le langage de cette catégorie de femmes, présentent dans ce type de secteur de distribution et de les mettre en relation avec le potentiel des vins du producteur.
Quelle est la femme célèbre (ou pas) que vous admirez ?
Madonna, pour son parcours, ses mutations, son sens des affaires, son mix spirituel et son courage
Celle qui vous tape sur les nerfs ?
Aucune, quand une femme célèbre ou pas est énervante, elle me semble à côté de la plaque et je suis plutôt triste pour elle; je lui souhaite de rapidement se remettre en selle.
Je trouve aujourd'hui que les femmes ont de formidables capacités de remise en cause, plus facilement que beaucoup d'hommes. Elles sont en avance dans ce domaine et montrent l' exemple.
Quelle serait votre première mesure si vous étiez présidente ?
Instituer la "République des fleurs" pour que chacun re-cultive son jardin, et que nous payions une partie de nos impôts avec le travail et les fruits, les légumes, le vin de nos jardins. Un peu comme à Bali, l'île des Dieux où j'ai écrit cette histoire de DIVINE IVRESSE.
Quelle est votre devise ?
"Le marketing au service du vin", ça paraît simple, c'est pourtant très ambitieux
Appartenez vous à des réseaux/associations, féminins ou pas ?
Non, par manque de temps et je ne suis pas assez sur Paris
Qu'auriez vous à demander aux lectrices d'Interdit aux Hommes ?
"Keep going". Le monde, les entreprises ont aujourd'hui besoin de femmes de pouvoir, de femmes de tête (et d' hommes à leur côtés) pour se transformer, s' épanouir dans la sincérité, le respect de l' autre, du travail et la véritable construction à terme de sociétés, d' individus en phase avec leur nature, en phase avec La Nature.
Rédigé par admin le 4 Janvier, 2008 - 11:39








