Assurément, Caroline Mignot, 29 ans, est une gourmande.
Après un DEA d’histoire de l’art, elle est prise d’une féroce envie de travailler pour les guides gastronomiques. 6 ans après (des claques, des larmes, des petits boulots, des envies de tout arrêter), elle prépare enfin son guide et se dit qu’elle a une vie bien délicieuse.
Interview de cette journaliste gastronomique qui tient un blog à dévorer sans modération : Table à découvert.
La première fois où vous avez pensé à ce blog, c'était quand ?
En février 2006, à la suite d’une rencontre avec Thomas Plessis, spécialiste des blogs et des des podcasts. Il m’a proposé de produire des podcasts (des chroniques enregistrées en micro caché dans les restos parisiens) et de les mettre en ligne sur un blog. Table à découvert est né.
Comment est née cette envie ?
L’envie de faire découvrir autrement les restaurants, à travers les sons, les bruits de fourchette, la dégustation sur le vif, gourmande et spontanée, avec un ton décomplexé. Le blog permet d’agir rapidement, il permet aussi une liberté de ton, la participation, la réaction des lecteurs-auditeurs, une interactivité jamais vue auparavant.
Pourquoi l'avoir appelé ainsi ?
Il correspond à un titre que j’avais en tête depuis longtemps, lorsqu’on a créé le blog, il m’est tout de suite revenu. Ce côté, on lève le voile sur un restaurant, me plait bien et le mot « table » en chronique gastronomique est celui qui me plait le plus.
Quel fut le premier jour de mise en ligne ?
Comme le blog a changé plusieurs fois de plateforme d’hébergement, je n’ai pas la date exacte. C’était au mois de février 2006.
Quel était votre premier message ?
« Le podcast-guide gastronomique », il n’était question que de chroniques audio, je voulais lancer le nouveau guide audio, écoutez-moi avant de passer à table, l’ipod, les podcasts, les nouvelles technologies nous incitent à travailler sur les sons, je trouve ça très intéressant.
L’aspect écrit et les photos sont venus pas la suite. Je voyais tellement de choses, que je ne pouvais mettre en ligne par le biais des sons (il faut être deux pour s’enregistrer au resto, sinon, vous passez pour une aliénée et dans le cadre de mon activité de journaliste, je vais surtout au restaurant toute seule).
Qu'avez vous ressenti ?
De la surprise ! Pouvoir faire entendre mes chroniques partout, ces bruits de restos parisiens, ces verres qui trinquent, ces coups de fourchette, qui pouvaient atteindre le Japon, l’Australie… j’ai trouvé ça tout de suite exaltant.
Que vous apporte le blog ?
Des échanges avec les lecteurs, lorsque je découvre des plats magnifiques, je trépigne d’impatience de leur faire découvrir ! Je peux dire ce que je veux, employer des termes bizarres, des formules décalées pour parler de bonne chère, c’est un bonheur ! Et c’est aussi une vitrine non négligeable dans le cadre professionnel. Sur ma carte de visite, l’adresse de mon blog apparaît.
Depuis sa création, quelles ont été vos plus grandes joies, vos plus grandes déceptions ?
Mes plus grandes joies, lorsque je m’aperçois que le plaisir est partagé, que les gens prennent du plaisir à découvrir ce que je goûte, ce que je leur écris. Pas de déception et rien en vue non plus.
Vous a-t-il ouvert de nouveaux horizons, a t-il changé votre vie ?
J’ai un retour sur mon travail des lecteurs, des non-professionnels, c’est vraiment intéressant. J’ai rencontré d’autres blogueurs, j’échange, je partage. Et j’ai découvert que j’adorais photographier les plats, comme j’adorais en parler dans un micro, en pensant aux auditeurs.
Qu'en pensent vos proches ?
Ce n’est pas ceux qui m’en parlent le plus, les fidèles qui laissent des commentaires et me suivent dans ma gourmandise sont des gens que je ne connais pas. C’est amusant.
Quand bloguez vous ?
Juste avant de déjeuner, c’est ce que je préfère, j’ai bien faim et l’écriture me nourrit.
Combien de temps y consacrez vous ?
Une bonne heure pour chaque billet.
Postez vous des billets à rythme régulier ?
Oui, 3 fois par semaine à peu près.
Qu'est ce qui vous plait le plus (la recherche d'un nouveau sujet, l'écriture, l'interaction avec les lecteurs) ?
Tout me plaît, la recherche d’un sujet pertinent, avec des photos alléchantes, une écriture décomplexée qui met en appétit et qui amuse aussi et bien sûr les réactions, que j’espère venir vite à chaque fois, je suis toujours impatiente.
Etes vous lectrice régulière d'autres blogs ? Lesquels ?
Oui, ceux de blogueuses culinaires comme Pascale Weeks , de Mercotte, de Caroline, celui de Philippe Toinard, un ami journaliste et celui drôlissime de Caroline, pensée de ronde
Combien sont ils ?
500 par jour à peu près.
Comment arrivent ils sur votre blog ?
Par les moteurs de recherche, en tapant des noms de restos et des noms de plats, en direct parce qu’ils connaissent le blog et par les liens des autres blogs.
Avez vous des contacts par mail avec eux ?
Ça arrive de temps en temps, des petites demandes de resto, des questions sur mon activité.
En avez vous rencontré certains ?
J’ai surtout rencontré des blogueuses, des déjeuners et des dîners où l’on parle de bonne chère et de nos vies.
Les commentaires : quel est celui qui vous a le plus touché ?
Ceux qui me disent qu’ils se surprennent à venir chaque jour pour voir s’il y a un nouveau billet, j’en ai les larmes aux yeux de plaisir.
Celui qui vous a le plus déçu ?
Oublié.
Quelle est votre démarche pour faire connaître Table à découvert ?
Euh, pas grand chose.
Avez vous eu des retombées médiatiques (presse, internet, ...) ?
Un sujet cet été dans le Monde, imaginez ! j’ai couru, le sourire scotché aux lèvres, chez mon marchand de journaux pour l’acheter, j’avais l’air d’une ahurie !
Comment voyez vous l' évolution de votre blog ?
Dès qu’il s’agit d’avoir envie de se mettre à table, je m’exprime ! Blogs, livres, événements et encore beaucoup de restos, bien évidemment.
Quels sont vos souhaits pour les mois à venir ?
Continuer, avancer, me régaler.
Avez vous des conseils à donner aux blogueuses débutantes ?
Se mettre à la place du lecteur. Quand je suis au restaurant, c’est pareil, je me mets à la place du client lambda et quand je m’exprime sur mon blog, je pense toujours au lecteur, en évitant tous commentaires trop personnels, ce n’est pas mon propos.
Etes vous membre d'un réseau (féminin ou autre ?)
Non et je n’ai pas d’avis. Je vois surtout que je ne peux compter que sur ma détermination, mon enthousiasme, mon intérêt pour les gens, ce sont les meilleures armes.
Rédigé par admin le 1 Novembre, 2007 - 22:34







